Pour quelles raisons un chirurgien peut-il refuser une opération ?

Un chirurgien esthétique peut-il refuser d'opérer un patient ?

Le rôle du chirurgien plasticien est le même que celui de tout médecin : avant toute chose, soigner et aider.

Un chirurgien esthétique peut-il refuser d'opérer un patient ?

Il semble à première vue logique que les chirurgiens esthétiques puissent aider leurs patients en les opérant. Certains diront aussi que puisqu'il s'agit de leur "gagne-pain", un chirurgien n'aurait aucun intérêt à refuser de prendre en charge un patient.

Mais la réalité est différente, notamment dans quatre cas de figure :


La chirurgie est impossible à réaliser

Ce cas de figure est peu courant. Il s’agit quelques rares fois d’impossibilité technique, notamment chez des patients opérés une ou plusieurs fois auparavant.

D’autres patients ont un état de santé qui ne leur permet tout simplement pas de supporter une intervention chirurgicale sans leur faire courir de risques jugés excessifs par le chirurgien ou l’anesthésiste.


Le résultat escompté par le patient est irréaliste ou dangereux

Ce cas de figure est beaucoup plus fréquent. Les attentes esthétiques de certains patients peuvent ne pas être en phase avec la réalité : ce sont, par exemple, des patients qui espèrent que des problèmes liés à leur surpoids seront réglés par une opération qui améliorera leur silhouette. Ce sont aussi des personnes qui souhaitent un tout petit nez très fin, alors qu’elles ont un visage large ou une peau épaisse ; ou encore des femmes ayant un tout petit buste et qui souhaitent obtenir une très forte poitrine grâce à une augmentation mammaire.

Dans ces cas, il est impossible d’obtenir le résultat souhaité, sauf éventuellement à pratiquer des actes chirurgicaux dont les conséquences seraient néfastes pour le patient.


Les limites ou les contraintes d’une chirurgie esthétique ne sont pas comprises

Mieux vaut une désillusion avant l'opération qu'une déception après : dans de rares cas, certains patients n’arrivent pas à comprendre les limites ou les contraintes d’une opération.

Ces cas sont très délicats, car tout se passe alors dans la tête des patients, et il est parfois difficile d’y voir clair. En pratique, cela concerne assez souvent les chirurgies secondaires. Ces chirurgies comportent très souvent des limites dans le résultat escompté. Or, certains patients regrettent leur(s) opération(s) précédente(s), et désirent absolument obtenir l’aspect qu’ils souhaitaient obtenir initialement grâce à leur première intervention. Ne pas accepter qu'une certaine part d’imperfection et d’écart par rapport à l’aspect idéal souhaité soit possible est un signe fort pour un chirurgien de ne potentiellement pas opérer la personne. Le risque de désillusion est en effet alors trop élevé.


Le problème du patient est plus psychique qu' esthétique

Un patient peut se sentir mal dans sa peau à cause de troubles psychiques par rapport à l'image qu'il a de lui-même : dans ces cas précis, la chirurgie esthétique à elle seule ne pourra sans doute rien pour lui.

Différents problèmes psychiques peuvent aboutir à une perception de son image très différente de ce qu’elle est perçue par les autres. Un exemple classique est celui de la jeune fille très mince qui se trouve très grosse en se regardant dans le miroir. L’image que lui reflète son cerveau est effectivement celle d’une jeune fille trop grosse. Ces troubles habituellement appelés dysmorphophobiques sont assez fréquents, plus ou moins marqués, et ils touchent en premier lieu le nez ! Des petits défauts peuvent avoir un retentissement très important dans la vie du patient, focalisant alors toute son attention sur son nez. Il est évident qu’opérer sans corriger le côté psychologique ne fait habituellement que majorer ce problème, ou déplacer la focalisation sur un autre endroit. A ce sujet, le Docteur Gerbault travaille avec une spécialiste des dysmorphophobies à Paris, la psychologue Caline Majdalani, auteure de l'ouvrage Traiter la dysmorphophobie : l’obsession de l’apparence.

A lire à ce sujet : Je souffre d’un réel complexe, la chirurgie est-elle une solution miracle ?


Le mot du Docteur Gerbault :

Il est de la responsabilité du chirurgien non seulement d’aider ses patients, mais aussi de ne pas leur nuire ou leur faire courir des risques démesurés par rapport aux problèmes à traiter.

C’est pour cela que personnellement, il y a de nombreux patients que je n’opère pas, ce qui les déçoit souvent de façon bien compréhensible. J’explique tout le temps les raisons du refus, mais cela ne veut pas dire que ces raisons sont toujours comprises.

De la même manière, je repousse certaines demandes excessives, ou du moins que je juge comme telles, car mon idée du naturel peut ne pas forcément coïncider avec ce que souhaitent les patients. Par exemple, il m'arrive de refuser d'opérer des patientes souhaitant obtenir un "nez en trompette".


Retrouvez toutes les réponses à vos questions sur la chirurgie esthétique.

Date de publication :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.